aikido

Glossaire

COURS D'ESSAIS GRATUITS TOUTE L'ANNEE

*Inscription toute l’année à tarif ajusté

*tous nos adhérents peuvent venir pratiquer dans tous nos dojos

SELON TAMURA NOBUYOSHI SENSEÏ

« (Shu ha ri) s’applique à toutes les techniques traditionnelles, que ce soit dans le Chado, la voie du thé, du Kado, l’arrangement floral, etc… Toutes ces voies s’étudient ainsi et passent par ces étapes. Shu est l’étape où l’on suit scrupuleusement l’enseignement de son maître jusqu’à arriver à reproduire exactement les techniques. Une fois arrivé à ce niveau on essaye de voir ce que tel ou tel changement implique. On sort du moule pour continuer son étude. C’est Ha. Finalement on dépasse les contradictions et la technique devient sienne. C’est Ri. »»  

SELON KACEM ZOUGHARI 

Shu ha ri représente aussi symboliquement le passage de l’enfance à l’âge adulte.

L’étape shu correspond à l’enfance. On copie. On essaye de faire comme papa maman. L’étape ha correspond à l’adolescence. On veut faire différemment. On veut vivre ses propres expériences. Ri, enfin, est l’âge adulte. On n’essaye plus de copier ou faire le contraire de ses parents. Nos actes ne sont plus supposés être en réaction.

Bien entendu être sorti de l’adolescence ne signifie pas que l’on sache tout. Et chaque instant de notre vie peut, jusqu’au dernier, être source d’évolution. Notez en outre que shu ha ri est un processus riche qui comporte de nombreux enseignements, et d’autres niveaux de lecture. »

« Le processus d’enseignement des Budos se caractérise par les étapes shu, ha et ri. En simplifiant, shu est l’étape de l’imitation. C’est une période durant laquelle l’élève doit imiter le maître. L’essentiel est de reproduire de façon aussi fidèle que possible ce qu’il réalise. C’est une étape frustrante, qui ne laisse pas de place à l’interprétation. Mais elle permettra à l’adepte de découvrir les principes et stratégies de la discipline, et surtout l’obligera à s’oublier soi-même en mettant de côté ses préférences et réflexes naturels.

Les uchi-deshis personnifient parfaitement cette période. Si l’on considère que les élèves d’Osenseï s’entraînaient une moyenne de trois heures quotidiennes, et que nombre d’entre eux partaient enseigner après quelques années, on peut prendre le chiffre de 5 000 heures comme indicatif de la durée MINIMALE de la période de shu. Pour des pratiquants « moyens » qui s’entraînent deux fois une heure et demie par semaine hors vacances scolaires et font quelques stages, cette période durerait donc… vingt à trente ans.

La période ha est celle de l’exploration. L’adepte est alors capable de reproduire fidèlement et avec une certaine efficacité les formes qu’il a étudiées. Etant souvent devenu enseignant, il commence à expérimenter les possibilités que peuvent offrir des variations, et même des changements importants dans ce qu’il a appris. Me considérant à cette étape, je n’ai aucune idée de sa durée moyenne, mais je crois qu’on peut imaginer sans grands risques qu’elle prend AU MINIMUM autant de temps, c’est à dire 5 000 heures. C’est une étape que connaîtront peu de pratiquants.

Et c’est enfin ri, la période de la maîtrise. À ce stade l’adepte n’agit plus en réaction à l’enseignement qu’il a reçu, ne cherchant ni à le copier, ni à s’en écarter. Sa pratique pourra être proche, comme très différente de celle de son maître. Elle sera dans tous les cas une incarnation libre et légitime de la discipline. Rares sont naturellement les adeptes qui atteignent ce stade.

Si métaphoriquement la période shu correspond à l’enfance où l’on imite ses parents, et la période shu à l’adolescence où l’on agit en réaction à eux, ri correspond à l’âge adulte. Celui où nos actes, similaires ou différents, ont le poids des enseignements reçus et de nos expériences.

Bien entendu ceci est une présentation simplifiée de shu ha ri. En pratique les stades sont perméables, et les allers-retours entre les différentes étapes, nombreux. »

SELON SUGA TOSHIRO SENSEÏ

« Shu, ha et ri sont trois étapes qui sont suivis par les voies traditionnelles japonaises classiques. En simplifiant on peut dire que shu correspond à l’intégration, c’est une période où l’élève travaille dans une imitation totale de son maître. Ha est la période « destructrice ». L’élève travaille dans des directions parfois opposées à celle de son maître et fais le maximum d’expériences possibles afin de s’approprier ce qu’il a reçu dans l’étape précédente. Finalement le dernier stade, ri, est l’expression véritable de l’art que l’élève, devenu maître à son tour, a développé. Il est au-delà de la dualité et ne cherche ni à imiter ni à se différencier. Il est devenu son art et l’art s’exprime spontanément à travers lui. C’est l’état qu’a atteint aujourd’hui Tamura senseï dans sa pratique de l’Aïkido. »

AÏKIDO

AI – KI – DO : Littéralement, la voie qui conduit à unifier les énergies, à vivre en harmonie avec son environnement, sans opposition. L’aikido est un art martial qui a accouché d’un art de vivreet d’une philosophie qui exclut toute rivalité, toute compétition. C’est le message que nous a légué son fondateur, O sensei Morihei UESHIBA . C’est ce message que ses élèves légitimes ont transmis dans le monde entier. C’est ce message que l’on ne peut découvrir , au delà des mots, qu’à travers la pratique de cet art. Partir d’une hypothèse de confrontation violente (art martial=art guerrier), d’une énergie visant la destruction de l’autre, pour atteindre une situation d’harmonie où la violence s’éteint, est un paradoxe dans lequel se résume toute la richesse de l’aikido.L’aikido traditionnel se pratique dans un dojo sous la direction d’un maître d’apprentissage (sensei) initié à l’art du fondateur transmis par ses élèves. Il est accessible à tous sans aucune discrimination d’âge, de sexe, de condition physique. Chacun y apporte sa singularité et reçoit celle de ses alter ego pour trouver son propre cheminement et progresser dans la voie de l’aikido.

Texte de Nobuyoshi TAMURA

“ L’Aikido est un voyage individuel.
J’évite d’essayer de le vendre.
Faites-le et ressentez-le.
Si vous ne le ressentez pas, vous ne pouvez pas le comprendre.
Si vous réfléchissez trop, vous séparez votre esprit et votre corps.
L’Aïkido les rassemble. »
« Nous enseignons ce que nous avons appris au Japon.
Mais il existe plusieurs façons d’apprendre.
Tu sais ça. »
« Au Japon, les professeurs n’expliquent pas.
Ils disent « Si vous ne comprenez pas en regardant.
tu ne comprendras pas si on te le dit. »
« Dans la vie, si tu aimes quelque chose, tu le chercheras.
Je veux profiter de la pratique.
Mais personne ne peut vous faire apprécier le processus.
Vous devez choisir d’en profiter.
Vous devez d’abord changer votre cœur.
Tout dans la vie a besoin d’un centre.
Il faut placer un centre quelque part.
Dans notre corps, le seika tanden, juste en dessous de notre ventre,
est notre centre.
Un centre est fort, il est immobile.
Avec un centre fort
le reste peut circuler librement. »
« Je pratique l’Aikido parce que cela me garde en bonne santé.
Un vieil homme doit rester en bonne santé.
Si vous avez découvert l’Aïkido, j’aimerais que vous continuiez.
Mais cela ne dépend pas de moi. C’est à vous.
En fin de compte, c’est votre Aïkido.
Ce que je fais ou pense n’a pas d’importance. »

REISHIKI : ESPRIT DE LA PRATIQUE MARTIALE DANS LE DOJO

P

Shu Ha Ri Ryu : Reishiki

Préalable :  

Dans la pratique de l’aïkido le règlement intérieur est conditionné par la pratique martiale.  

C’est ce que l’on appelle le reishiki, l’esprit dans lequel doit se pratiquer l’aïkido (éducation martiale). 

Toute sa vie le pratiquant va adapter son comportement en fonction de son évolution dans la connaissance et sa maitrise de l’aïkido.  

C’est pourquoi ce qui suit n’est là que pour définir le cadre minimal qu’un débutant peut comprendre, et pour guider ses premiers pas vers la connaissance de l’art martial.  

L’aïkido est le produit de la culture orientale. Si on veut préserver ses spécificités et ne pas le polluer avec la culture occidentale, il faut prendre un minimum de précautions. Dans cet esprit, nous utilisons la terminologie japonaise, plus précise et plus complète que les équivalents occidentaux.

Le mot « traditionnel » signifie que l’on suit avec respect l’aïkido du fondateur et des maîtres qui lui ont succédé. L’aïkido, comme tout art traditionnel, ne peut être transmis que de manière initiatique, à partir des enseignements du fondateur, de maître à disciples, au fil du temps. 

L’aïkido traditionnel est un art qui se transmet depuis sa création originelle par O sensei Morihei Ueshiba, de maître à élève. Ainsi, les élèves qui ont suivi les enseignements d’un maître et qui ont reçu de ce maître le droit d’enseigner en son nom (menkyo) poursuivent avec leur élèves la transmission de l’art martial en devenant eux-mêmes maître de leur dojo.  

Cette transmission initiatique ne peut, en aucun cas, être subordonnée à une instance extérieure qui viendrait interférer et polluer l’enseignement des maîtres (fonctionnement normatif fédéral) ; un principe fondamental régit l’aïkido traditionnel : Un maître, Un dojo. Il ne peut exister deux maîtres (senseï) dans un dojo. 

Dans notre dojo, Jacques FAIVRE senseï, après avoir suivi pendant près de 50 ans les enseignements de nombreux maîtres investis par O Senseï UESHIBA et en particulier ceux de Tamura Nobuyoshi Shihan, est aujourd’hui chargé, en tant que Senseï, de la transmission de l’aïkido du fondateur.  

Le règlement a pour objectif de permettre à tous de pratiquer l’Aïkido en toute sécurité, dans le respect de sa tradition et dans les meilleures conditions. 

Pour éviter toute dérive, le professeur (Senseï), du dojo soucieux notamment des qualités morales des membres de l’association, statue sur toute admission sans avoir à justifier sa décision, quelle qu’elle soit (Nyumon). De plus, il peut prononcer l’exclusion définitive et immédiate (Montzen Baraï) de tout membre qui compromettrait la pratique ou qui aurait eu une attitude ou des propos déplacés ou dangereux, contraire au fonctionnement d’un dojo traditionnel ou à l’éthique de l’aïkido. 

COMPORTEMENT DANS LE DOJO :  

Bien qu’il soit souvent abrité dans un gymnase où se pratiquent des sports martiaux avec lesquelles on le confond souvent, l’aïkido n’est pas un sport : il se pratique dans un dojo (lieu où l’on pratique la Voie du maitre), qui fonctionne sur la base de règles traditionnelles spécifiques à la pratique de l’Aïkido appelées reishiki ou esprit dans lequel doit se pratiquer cet art.  

Le dojo est le lieux (Jo) où on pratique l’aïkido traditionnel et la recherche de son sens (do : la voie). Il détermine aussi l’esprit dans lequel les pratiquants évoluent ensemble et sous la direction du professeur responsable du dojo.

Le tatami symbolise un champ de bataille – on doit y être aussi concentré, notamment pour éviter tout accident résultant d’une maladresse ou d’une distraction. Chaque chose, chaque personne, doit y être, dans le dojo, à sa juste place. Il n’est certes pas question de transformer le tatami en terrain de combat, ce symbole ayant pour objectif de mettre les pratiquants en condition de travail. Sur le tatami, on doit en permanence garder une concentration totale, « comme si notre vie en dépendait ». Une maîtrise de soi permanente est indispensable et exigée ; par exemple, on ne court pas dans un dojo, comportement qui signe une absence de maîtrise. 

Le maître du dojo (sensei), eut égard à sa qualité, défini l’enseignement, l’esprit et les règles de comportement (reishiki – improprement appelé étiquette dans certaine traduction) en usage dans le dojo.  

Quand il se présente librement au dojo l’élève franchit plusieurs stades : à son arrivée – (Mon ka : sous la porte du maître), pour demander à suivre l’enseignement du maître (montei, mon jin : qui a passé la porte du maître), enfin, l’élève pourra recevoir du maître (nyumon) l’autorisation de commencer à pratiquer au dojo (deshi iri : franchir la porte, être accepté). 

Après ce moment, un élève demeure l’invité du maître qui a accepté de lui transmettre un enseignement ; il doit se comporter comme tel, avec le respect qui convient à cette condition. L’acquittement d’une cotisation lui donne le droit d’assister au cours et le devoir de se conformer sans restriction aux règles en vigueur dans le dojo. Si d’aventure l’enseignement dispensé ne lui convient pas, il lui appartient d’en tirer les conséquences et de quitter le dojo. 

Les anciens (sempai) et en particulier les Ushi deshi (assistants) sont responsables du comportement des plus jeunes pratiquants (kohaï) et doivent expliquer les règles en vigueur dans le dojo ; ils doivent s’assurer de la compréhension et de l’observation des règles et de leur esprit (reishiki). Tous les membres du dojo pratiquants doivent intégralement respecter ces règles. 

Par respect pour le professeur et les pratiquants, la ponctualité est de rigueur. Le cours doit toujours commencer à l’heure. Si le professeur est absent, ou en retard, un ancien, agréé par le professeur du dojo, doit prendre en charge la pratique et, notamment, commencer le cours à l’heure. Dans ce cas, il doit agir dans le respect de l’enseignement du professeur, sans essayer de proposer des interprétations personnelles. 

Il est aussi admis que des pratiquants puissent arriver en retard ; dans ce cas, le pratiquant saluera le professeur avant de pénétrer sur le tatami et attendra son autorisation pour intégrer le cours. Si un pratiquant devait sortir du dojo, même pour un temps limité, il doit impérativement, et notamment pour des raisons de sécurité en cas de blessure, prévenir le professeur en précisant le motif de sa sortie. 

On rentre dans le dojo, on monte sur le tatami, du pied gauche comme on commence tous les mouvements du côté gauche (de nature yang action).  

Tout prosélytisme (politique, religieux) est rigoureusement interdit dans le dojo ; tous les pratiquants ont à la même tenue (keikogi, obi, hakama, zooris) et les mêmes armes (boken, jo, tanto), sans distinction particulière. Tous sont égaux devant la voie (do) à parcourir. 

Les cours commencent et se terminent par un cérémonial de salut traditionnel au Tokonoma (portrait du fondateur) qui permet d’entrer dans l’espace et la pratique de l’art martial.  Ce salut n’a aucune connotation religieuse ; il est un témoignage de respect des origines et de la filiation avec l’enseignement du fondateur de l’aikido et des maîtres qui lui ont succédé, mais aussi des pratiquants présents. Le silence et la concentration sont de mise pendant ce moment. 

Avant de rentrer sur le tatami, les zooris (sandales) sont à leur place, jointes, talon contre le tatami.  

Le pratiquant à un grand respect pour ses armes une question de concentration et d’anticipation : une arme abimée peut occasionner des blessures graves et ne pas savoir où se trouve son arme est source de confusions ou de pertes de temps. Sur un champ de bataille, ce serait la mort assurée.  

Ainsi, on place les armes, prêtes à l’emploi, sorties de leur étui, perpendiculairement au tatami. La pointe et le tranchant de la lame ne sont jamais dirigés vers le Tokonoma. Les armes sont respectées : on ne marche pas dessus, on ne les enjambe pas, on ne les choque pas, on ne les jette pas. Lors de la pratique, on les salue, on les place à la droite du corps avant et après usage (paix) et à gauche (prêtes à l’emploi) pendant l’usage. Elles sont tendues au partenaire selon le protocole. 

Avant le salut et pendant les démonstrations du professeur, les élèves s’alignent en rangée parallèles. Chacun doit pouvoir effectuer une rotation sans gêner ses voisins et les rangées doivent être espacées d’au moins 1 mètre.  

A droite du professeur, les débutant, à gauche, les plus anciens. Chacun doit être en mesure de connaître sa place dans le dojo. Pour ce faire, il doit être en mesure d’estimer ses capacités , ses compétences et ses limites au fur et à mesure de son évolution., mais aussi celles de ses partenaires (Aïté). Il est important de savoir si on a en face de soi un sempaï ou un kohaï. C’est tout le sens du reishiki de savoir à quel moment on éduque et quand on reçoit une éducation, quand on instruit et quand on doit recevoir une instruction. 

Le respect mutuel et l’adaptation aux différences sont nécessaires à la pratique ; chacun est responsable de son évolution et de celle des autres pratiquants, la progression dans la discipline martiale est conditionnée par ce qu’on donne et ce qu’on reçoit de l’autre ; toute compétition ou confrontation n’a pas sa place dans le dojo – (oubli du Aï -harmonie)de aïkido) la vigilance et la concentration, sont  des nécessités ; ainsi chacun est responsable des blessures qu’il peut recevoir ou occasionner, des désagréments ou des conflits qui peuvent l’atteindre. 

Le pratiquant doit accepter les conseils du professeur du dojo et travailler dans le sens qu’il se voit indiqué. Il n’y a aucune place pour la contestation dans le dojo, bien que le pratiquant soit encouragé à développer sa propre vision de la technique celle-ci doit être conforme à la voie « do » enseignée par le professeur du dojo. En aucun cas il ne doit polluer l’enseignement du professeur du dojo car tous les élèves sont là pour recevoir cet enseignement. En cas de désaccord, le pratiquant garde l’entière liberté de partir. 

La qualité ne se mesure pas chez les orientaux. Le grade, les diplômes sont une affaire entre le maître et l’élève ils ne sont qu’une appréciation donnée par le maître, permettant aux élèves d’apprécier leur évolution dans la discipline martiale et leur place dans le dojo. Ils marquent davantage un comportement, une fiabilité, qu’une compétence technique et attestent l’engagement d’un élève au service du dojo et de ses enseignements. Mettre en avant ses grades ou ses diplômes démontre une affirmation d’égo contraire à l’esprit de l’aïkido ; le pratiquant reste modeste face à la voie et l’énorme chemin qu’il reste à parcourir car cette voie est sans fin. Estimer que vous êtes au quart ou à la moitié du chemin de cette voie n’a aucun sens.

Le corps, le sien et celui d’autrui, est un outil de travail unique qu’il faut respecter et ménager . C’est avec son corps que l’on apprend ; la compétition sportive pousse les capacités physiques au-delà du raisonnable et conduit à le détruire. L’enseignement de base en aïkido doit permettre de connaître ses limites pour ne pas se mettre en danger.  C’est le but de la préparation : jusqu’où suis-je en équilibre, à quel moment je perds le contrôle, quand dois-je me préparer à contrôler une chute (esquive en aïkido) … L’aikido propose des techniques de contrôle du corps et des énergies qui permettent de pratiquer à tout âge et sans critère de puissance physique. Sa finalité est de garantir santé et énergie le plus longtemps possible.  

Un cours d’essai est proposé au débutant qui le souhaite ; il permet à celui-ci d’apprécier l’enseignement dispensé et de décider de poursuivre ou pas. C’est aussi une période où le professeur appréciera le comportement du pratiquant et l’autorisera à continuer, ou pas, à suivre son enseignement. Après ce cours, le débutant demandera au professeur s’il peut continuer à suivre son enseignement. 

S’il constate un comportement persistant, ou particulièrement dangereux, qui ne peut être admis à l’intérieur du dojo, le maître du dojo après en avoir averti le fautif, se réserve le droit de l’exclure temporairement ou définitivement des cours (monzen baraï), selon les modalités de sortie qu’il définira, et après avoir averti les parents pour les élèves mineurs.  

Seul, le maitre du dojo, eut égard à sa connaissance de l’art martial, de ses exigences et de ses risques, est en mesure de prononcer cette sanction, sans avoir à le justifier auprès du fautif . 

Il en informera le bureau de l’association qui prononcera l’exclusion temporaire oú définitive selon l’appréciation du maître.

Le bureau de l’association « Shu Ha Ri Ryu- Ecole d aïkido traditionnel », assure les tâches de gestion courantes qui permettent au professeur et aux ushi deshi (élève- apprentis qui se destine à enseigner l’aïkido) d’assurer un enseignement conforme à l’art martial traditionnel. Il n’est pas compétent pour évaluer ou apprécier la qualité d‘enseignement ou les décisions, relatives à la pratique de l’art martial, prises par le maître du dojo.  

Les ushi deshi apprennent en enseignant la voie de leur Maître aux autres élèves ; ils le font avec plus ou moins de rigueur, de compétence en fonction de leur compréhension de l’enseignement du maître. C’est ce que le maître va évaluer chez eux afin de leur prodiguer un enseignement adapté.  

Cette mise en situation face aux autres élèves est donc l’occasion pour le maître de faire le point sur les connaissances de cet uchi deshi et pour les élèves d’apprécier la compétence de celui-ci et ce n’est pas toujours lié à l’ancienneté dans la pratique. 

Un kohaï (jeune) peut parfois mieux maîtriser l’aïkido que son sempaï (ancien) chacun d’entre nous a ses limites et ira plus ou moins loin sur le chemin de la voie. Maître Ueshiba fondateur de l’aïkido disait qu’il était arrivé au premier stade de l’aïkido ; il ajoutait aussi qu’il espérait que d’autres iraient plus loin que lui sur cette voie. 

Les ushi deshi selon leur compétence et leur degré de maîtrise de l’aïkido seront amenés à accomplir certaines tâches pour le dojo dont l’enseignement : c’est le maître qui décide à tout moment ; leur charge est reconduite tacitement si celle-ci est conforme aux attentes du maître.  

Le titre (menkyo) de professeur (senseï) est attribué à un élève lorsque le maître décide qu’il peut créer son propre dojo pour avoir ses élèves à lui. Cette autonomie marque une évolution dans la responsabilité du nouveau professeur mais s’accompagne de difficultés nouvelles. Il devra donc entretenir des liens encore plus étroit avec son maître pour trouver réponse à cette nouvelle situation. Il devient alors un Soto Deshi de son maître (soto = extérieur  deshi = élève)   

Les visiteurs sont les bienvenus.Cependant, ils doivent demander au professeur, l’autorisation d’assister au cours et ils seront attentifs à respecter le déroulement de la pratique et les règles en vigueur dans le dojo. Ainsi, par exemple, la prise de photos ou de films est a priori interdite sauf autorisation expresse du professeur. Toute attitude estimée inappropriée par le professeur sera signalée aux intéressés et pourra faire l’objet d’une exclusion immédiate du dojo. Si le spectateur est un pratiquant en dehors du tatami, il ne doit pas intervenir auprès des pratiquants sur le tatami. 

Les visiteurs de passage qui pratiquent l’aïkido, quel que soient leur professeur sont les bienvenus ; ils doivent se rappeler qu’ils ne sont pas dans leur dojo avec leur professeur ; ils auront donc l’attitude adéquate. Comme les autres ils ne doivent pratiquer qu’avec l’accord du maître du dojo et aux conditions que celui-ci fixera. Le professeur peut, s’il le juge utile, demander à ces visiteurs de faire le cours à ses élèves. 

ÉQUIPEMENT PERSONNEL :  

La tenue de l’aïkidoka est un « Keikogi » ou « aïkidogi»(vêtement de pratique), veste et pantalon, complétés par le Hakama (le kimono étant un terme impropre qui désigne une « tenue habillée »). Les femmes portent une tenue avec une veste fermée par un lacet et un t-shirt. Dans tous les cas, le « gi » est propre, en bon état (non déchiré) et sec.  

Chaque pratiquant devra posséder au minimum un aïkidogi et des patins d’intérieur (zooris, tongs, …). Il est toléré, pour les débutants et pendant la période d’essai, d’être en tenue de sport type jogging avec des manches et un pantalon pour éviter les brûlures de contact.   

Le hakama, habit traditionnel japonais, n’est pas une marque de grade, de mérite ou d’ancienneté. Ne pas le porter constitue une dérogation momentanée consentie par le maître, eut égard à son coût. Porter un hakama représente un engagement à poursuivre la pratique de l’aikido et une marque de respect de la dimension traditionnelle de cet art. 

Les armes utilisées (Bokken, Jo, tanto), sont parfois prêtées par le dojo aux débutants ; leur acquisition, dans les meilleurs délais, par les pratiquants est recommandée ; elles font partie de l’équipement et elles sont personnelles.

PROPRETÉ, HYGIENE ET SECURITE :  

En arrivant, les vestiaires seront utilisés pour se préparer à entrer dans le dojo. 

Par respect de soi-même et d’autrui, les pratiquants sont tenus à la plus grande hygiène corporelle. Des douches sont à disposition, à cet effet, à proximité des vestiaires. 

Les keikogi seront régulièrement lavés et devront être toujours parfaitement propres et en bon état. 

Pour se déplacer des vestiaires aux tatamis, il n’est pas permis de marcher pieds nus, les tongs ou autres chaussures légères sont nécessaires.

En entrant sur le tatami, tous bijoux (bagues, bracelets, colliers, boucles d’oreilles, piercing …), ou autres objets (montres, lunette …) qui pourraient occasionner des blessures à soi-même ou à autrui, ou qui pourraient être endommagés pendant la pratique, doivent impérativement être enlevés. Pareillement, chewing gum et autres bonbons sont interdits pendant la pratique (risque grave d’obstruction des voies respiratoires …). Afin de prévenir les blessures, les ongles devront être coupés. Toutes plaies ou autres altérations de la peau (verrues …) doivent être correctement pansées. 

En cas de blessures ou d’atteintes corporelles, l’élève devra impérativement prévenir le professeur qui jugera si l’élève peut quand même suivre son cours ; il appartiendra à l’élève de prévenir ses partenaires pour préserver sa zone fragile pendant l’exécution des techniques. Il peut aussi assister au cours en tant que spectateur et ainsi apprendre d’une autre façon. 

Il est rigoureusement interdit de se présenter au dojo après avoir absorbé toute substance (alcool, drogues, médicaments …) qui pourraient altérer le comportement (contrôle, vigilance, équilibre, attention, perceptions …)  

INSCRIPTION/ADHESION :  

En priorité, l’inscription permettant de suivre les cours dans un dojo ne peut être réalisée qu’au terme de la période d’essai au terme de laquelle le professeur (senseï) autorisera ou pas le candidat à suivre ses cours. 

Le professeur désignera alors un sempaï qui aura notamment la mission d’informer le nouveau pratiquant des règles en vigueur dans le dojo et d’expliciter le présent règlement intérieur. 

Il est obligatoire, pour que l’inscription soit valide, de fournir un certificat médical d’aptitude à la pratique de l’aikido selon les modalités détaillées sur un formulaire fourni. Cependant, ce certificat ne donne aucune indication sur l’état mental des personnes (problèmes psychiatriques, troubles de nature épileptoïdes, dépendance à l’alcool ou aux drogues …) ; la mise en situation martiale peut effectivement révéler voir accentuer ces troubles rendant la pratique dangereuse ; il appartiendra à l’élève de signaler d’éventuels troubles de cet ordre au professeur qui l’autorisera ou non, en connaissance de cause et éventuellement en demandant l’avis d’un médecin, à intégrer ses cours. 

L’inscription se compose d’une cotisation intégrant une assurance spécifique à la pratique de l’aikido. 

En dehors de la période d’essai, l’inscription acquittée selon les modalités détaillées dans le bulletin d’adhésion, est obligatoire pour pratiquer. 

Toute inscription enregistrée engage l’adhérent pour l’ensemble de la saison.  

L’inscription n’est définitivement validée qu’après signature exprimant un accord sans réserve au présent règlement et règlement de la cotisation. 

Pour les élèves mineurs : ARRIVÉE ET DÉPART DU DOJO :  

L’enfant reste sous l’entière responsabilité de ses parents ou responsables légaux tant qu’il n’a pas été pris en charge par le professeur, et dès la fin de l’activité. 

Les parents devront bien s’assurer de la présence du professeur et de la tenue du cours pour laisser leur enfant au dojo. 

Si l’enfant se rend seul à l’activité, l ‘École d’Aïkido ne peut en aucun cas être tenue responsable en cas de problème. Les parents ou responsables légaux devront fournir une lettre autorisant l’enfant à se rendre seul au dojo et à en partir seul, aux horaires de pratique. 

 À ……………………………………………………, le ……………….  

J’ai bien pris connaissance du présent règlement et l’accepte sans réserve 

Nom du pratiquant                                                                      Pour les pratiquants mineurs 

Signature                                                                                     Signature du responsable légal

NYUMON

Avant d’aborder les explications techniques proprement dites, que chacun retoume à ses débuts en aikido. Faites comme si vous commenciez l’aikido aujourd’hui.

Quelles doivent être vos préoccupations ? Tout d’abord, chercher le maître véritable, ensuite devenir son disciple. Etablir le lien entre le maître et le disciple, s’appelle nyumon. Nyu avec le sens de « iri » dans irimi: entrer. Mon la porte. Donc, franchir la porte. Etre accepté comme disciple (en japonais deshi-in).

Disciple se dit : montei, monka, monjin. Mon : porte, tei jeune frère (qui a passé la porte).

Mon-ka : mon : porte, ka : au-dessous (celui qui se tient sous la porte).

Mon-jin : mon : porte, jin : homme (celui qui a passé la porte).

Vous remarquerez que tous ces mots se rapportent à la porte. « Porte » signifie la porte de la maison du maître, et par extension, la porte de l’art, la porte de la vérité.

Donc montei, monka, monjin désignent celui qui reçoit l’enseignement dans la maison du maître ; ces mots indiquent aussi que le disciple est allé chez le maître et non pas le contraire.

Nous disons encore que, si nous voulons recevoir l’enseignement, il faut, en premier lieu, aller chez le maître, frapper à sa porte, attendre que quelqu’un ouvre, peut-être franchir cette porte (nyumon) et alors seulement devenir montei, monka, monjin.

Que signifie franchir la porte (nyumon) ? Il y a « la porte ». Entre la porte et la maison, se trouvent le jardin, un chemin, des arbres, des fleurs, un espace. Dans la maison, se succèdent le vestibule, quelques pièces, des couloirs, puis la salle de séjour. Ce qui veut dire qu’avant d’arriver au but, il faut parcourir un long chemin.

Encore faut-il considérer que la « porte » peut s’ouvrir ou ne pas s’ouvrir ; c’est la décision du maître ; même la porte ouverte, vous pouvez encore n’avoir accès qu’au vestibule . Le maître peut décider que vous n’avez pas les qualités requises et vous renvoyer (monzen barai).

Peut-être pensez-vous que ce n’est pas là une attitude très démocratique, cependant si le disciple a la liberté de choisir le maître, le maître n’étant pas allé le chercher a, lui aussi, la liberté de choisir le disciple. Faisant peu de cas des mille lieues qui peuvent nous en séparer, il faut d’abord chercher son maître véritable. Ainsi en est-il de toutes études… Si vous vous trompez dès le premier pas, plus vous avancerez, plus il deviendra difficile de rebrousser chemin.

Comment donc partir à la quête du maître véritable ?

Le premier point à retenir est la personnalité du maître. En effet, l’aikido va agir sur le corps et sur l’esprit. Si le maître est pur, humble, épanoui, rayonnant, son enseignement sera le reflet de sa personnalité. Peu importe que ses techniques soient brillantes ou efficaces, que sa manière d’expliquer soit excellente car tout cela ne vit, en réalité, que par les qualités du cœur.

Le deuxième point est de trouver quelqu’un « d’avancé sur la voie », c’est-à-dire, quelqu’un qui a pratiqué durant de longues années l’aspect technique comme l’aspect spirituel et en a retiré une grande expérience.

En troisième point, ce maître possèdera une grande force d’enseignement ; il sera bienveillant, juste, attentionné, pour le plus grand profit des élèves.

En quatrième point, et je pense que ceci est particulièrement important, il est essentiel que l’homme se livre à une recherche sans cesse renouvelée. Cela signifie que, chaque jour, il doit trouver en lui les forces de recommencer à zéro. Le « grand maître » qui croit être un « grand maître » qui n’a plus besoin de travailler ; ce « grand maître »-là, mieux vaut l’éviter..

Je crois, en effet, qu’un jeune professeur qui n’est pas encore techniquement ou pédagogiquement parfait et dont l’expérience n’est pas encore complète, mais qui travaille et s’efforce de découvrir, d’aller toujours plus loin ; je est crois que ce jeune professeur est digne d’intérêt et qu’il est possible d’aller avec professeur lui tout au est long de la voie.

Surtout ne vous déterminez pas parce que la salle est moderne, que les toilettes sont bien installées, que le cadre est agréable, que les cotisations ne sont pas élevées, que ce n’est pas loin de chez vous, etc. ; évitez les facilités matérielles. Car si c’est là tout ce qui vous sert à prendre la mesure de votre vie, c’est lui accorder bien peu de prix. II faut avoir la volonté d’aller jusqu’au bout, inébranlablement, dès que vous avez pris l’engagement de marcher sur la voie de l’aïkido car, si par lassitude ou par légèreté vous deviez vous arrêter, mieux vaudrait pour vous ne pas avoir commencé.

Dans les dojos d’autrefois, au Japon, quand vous « franchissiez la porte » (nyumon), vous scelliez votre engagement de votre sang, vous juriez ne jamais trahir ni le maître ni la voie. A l’Aikikai quand j’ai franchi la porte, on ne jurait plus sur le sang, mais il était nécessaire d’avoir deux parrains qui se portaient garants de vous.

Ainsi on passait la porte ( nyumon) sous d’heureux auspices pour entamer keiko (la pratique). Mais avant d’aborder keiko, je voudrais parler de l’endroit où se fait le keiko : c’est-à-dire le dojo.“

Nobuyoshi TAMURA – Aîkido

Résumé : UN MAITRE, UN DOJO

Le dojo est le lieu où s’enseigne et se pratique l’aïkido ; l’enseignement y est assuré par un maître (Senseï) ou un de ses élèves (Ushi Deshi). Le maître du dojo s’inscrit lui-même dans une lignée de transmission de maître à élève qui part du fondateur – O senseï Morihei Ueshiba. L’enseignement traditionnel de la discipline ne peut, en aucun cas et à aucun niveau,  dépendre d’une structure extérieure au maÎtre (état, fédérations … etc) – le maître du dojo, comme un maître d’atelier, un guide de haute montagne, un capitaine de navire … est seul en mesure d’apprécier et de décider,dans son dojo, de la manière dont il va assurer son enseignement et de la place qu’il va accorder à ses élèves (Grades)

Le dojo par Nobuyoshi Tamura Shian :

 » Le dojo est le lieu où se pratique  la voie du Bouddha,  le Bouddhisme. Par analogie,  l’endroit  où se pratique  (shu­ gyo)  la  voie  de  Bu  s’appelle  dojo.

Shu (修 ): idéogramme composé des  éléments <<  blanc »  et « ailes »  montre  le mouvement répété  des ailes de l’oiseau  qui lui permet  de prendre son  envol  et  donne l’image  de  répétition,   d’ap­ prentissage, d’étude,  de  maîtrise.  Le  «blanc>> ajoutant l’idée  de  clarté  représente à  l’origine  le  blanc  caché   à l’intérieur  du  gland.   

Shugyo 修行 ) ne  veut  pas seulement dire « exercice » ou « entraînement » mais développement de la personnalité, art de vivre noblement… Le dojo  n’est donc pas uniquement un gymnase; j’aimerais que vous pensiez qu’il est à la fois une église et un gymnase. C’est  pourquoi depuis  les temps  les plus reculés on trouve  un autel  dans les dojos du Japon, au kamiza. Cet autel enchasse le dieu des arts martiaux  que  l’on y vénère.

Dans le dojo,  l’homme qui s’adonne aux arts martiaux pratique  une purification profonde, pour affirmer sa personnalité  de  guerrier,  ses  capacités,  son  esprit,  son  courage, sa force d’âme. C’est pourquoi  l’on doit, dans le dojo, rencontrer   la courtoisie,  la  politesse,  la  bonne   tenue  et observer  les règles des bonnes  manières.  

En entrant  dans le dojo,  il faut se découvrir,  ôter ses chaussures,  avoir une attitude respectueuse, le corps droit et orienter ses pensées vers la pureté, la lumière. Dans le dojo, il faut toujours être propre,  respecter  l’étiquette,  tenir des propos corrects, être digne, éviter de parler à haute voix. Les spectateurs doivent observer  la même  attitude.

Le keikogi, le hakama ne doivent en aucune  manière indisposer  les autres.  Le dojo  doit  être  aéré,  les tatamis bien calés pour éviter les accidents. Tout ceci est important.

Normalement les pratiquants cherchent à arriver plus tôt que quiconque afin de nettoyer  et ranger le dojo ; il en est de  même  après ! »exercice. Ce nettoyage ne concerne pas seulement le dojo  lui-même.  mais aussi  le pratiquant  qui. par ce geste. procède à un neaoyage en profondeur de son être. Ce qui signifie que, même si le dojo paraît propre, il faut pourtant le nettoyer encore et encore.

Dans les dojos d’autrefois, au Japon, quand vous « franchissiez la porte» (nyumon) vous scelliez votre engagement de votre sang, vous juriez ne jamais trahir ni le maître ni la voie. A l’Aikikai quand j’ai franchi la porte, on ne jurait plus sur le sang, mais il était nécessaire d’avoir deux parrains qui se portaient garants de vous.

Ainsi on passait la porte (nyumon) sous d’heureux auspices pour entamer keiko (la pratique) . Mais avant d’aborder keikoje voudrais parler de l’endroit où se fait le keiko: c’est-à-dire le dojo .

Quand vous pratiquez, considérez que le dojo est aussi unchamp de bataille ; ce qui veut dire que vous ne pouvez à aucun moment être « vide de ki» Comment vous expliquer? Etre attentif, éveillé, prêt, percevoir, sentir, contrôler; avoir, en somme, la même attitude que dans la bataille où l’on doit transcender l’état de vie ou de mort à un point tel que même mort à quatre-vingt-dix-neuf pour cent, vous devez consciemment être capable d’ordonner à votre cœur de ne pas abandonner le combat.

Telle est la voie véritable. En agissant ainsi, vous avancerez, c’est une certitude, dans le développement véritable de l’Etre et cela seul est important.

En quittant le dojo, il faut avoir la même attitude qu’en y entrant. Cette attitude est à la fois un remerciement pour le cours que l’on vient de vous donner, un examen sur vous-même, une réflexion sur ce qui vient de se passer par rapport à vous-même et une préparation pour le lendemain. »

Nobuyoshi TAMURA Senseï

“ DOJO

Le dojo est le lieu où se pratique la voie du Bouddha, le Bouddhisme. Par analogie, l’endroit où se pratique (shugyo) la voie de Bu s’appelle dojo. Shu : idéogramme composé des éléments « blanc » et « ailes » montre le mouvement répété des ailes de l’oiseau qui lui permet de prendre son envol et donne l’image de répétition, d’apprentissage, d’étude, de maîtrise. Le « blanc » ajoutant l’idée de clarté représente à l’origine le blanc caché à l’intérieur du gland. Shugyo ne veut pas seulement dire « exercice » ou « entraînement » mais développement de la personnalité, art de vivre noblement… Le dojo n’est donc pas uniquement un gymnase ; j’aimerais que vous pensiez qu’il est à la fois une église et un gymnase. C’est pourquoi depuis les temps les plus reculés on trouve un autel dans les dojos du Japon, au kamiza. Cet. autel enchasse le dieu des arts martiaux que l’on y vénère.

Dans le dojo, l’homme qui s’adonne aux arts martiaux pratique une purification profonde, pour affirmer sa personnalité de guerrier, ses capacités, son esprit, son courage, sa force d’âme. C’est pourquoi l’on doit, dans le dojo, rencontrer la courtoisie, la politesse, la bonne tenue et observer les règles des bonnes manières. En entrant dans le dojo, il faut se découvrir, ôter ses chaussures, avoir une attitude respectueuse, le corps droit et orienter ses pensées vers la pureté, la lumière. Dans le dojo, il faut toujours être propre, respecter l’étiquette, tenir des propos corrects, être digne, éviter de parler à haute voix. Les spectateurs doivent observer la même attitude.

Le keikogi, le hakama ne doivent en aucune manière indisposer les autres. Le dojo doit être aéré, les tatamis bien calés pour éviter les accidents. Tout ceci est important. Normalement les pratiquants cherchent à arriver plus tôt que quiconque afin de nettoyer et ranger le dojo ; il en est de même après l’exercice. Ce nettoyage ne conceme pas seulement le dojo lui-même, mais aussi le pratiquant qui, par ce geste, procède à un nettoyage en profondeur de son être. Ce qui signifie que, même si le dojo paraît propre, il faut pourtant le nettoyer encore et encore.

deviez vous arrêter, mieux vaudrait pour vous ne pas avoir commencé.

Dans les dojos d’autrefois, au Japon, quand vous « franchissiez la porte » (nyumon), vous scelliez votre engagement de votre sang, vous juriez ne jamais trahir ni le maître ni la voie. A l’Aikikai quand j’ai franchi la porte, on ne jurait plus sur le sang, mais il était nécessaire d’avoir deux parrains qui se portaient garants de vous.

Ainsi on passait la porte (nyumon) sous d’heureux auspices pour entamer keiko (la pratique). Mais avant d’aborder keiko, je voudrais parler de l’endroit où se fait le keiko : c’est-à-dire le dojo.

Quand vous pratiquez, considérez que le dojo est aussi un champ de bataille ; ce qui veut dire que vous ne pouvez à aucun moment être « vide de ki». Comment vous expliquer ? Etre attentif, éveillé, prêt, percevoir, sentir, contrôIer ; avoir, en somme, la même attitude que dans la bataille où l’on doit transcender l’état de vie ou de mort à un point tel que même mort à quatre-vingt-dix-neuf pour cent, vous devez consciemment être capable d’ordonner à votre coeur de ne pas abandonner le combat. Telle est la voie véritable.

En agissant ainsi, vous avancerez, c’est une certitude, dans le développement véritable de l’Etre et cela seul est important.

En quittant le dojo, il faut avoir la même attitude qu’en y entrant. Cette attitude est à la fois un remerciement pour le cours que l’on vient de vous donner, un examen sur vous-même, une réflexion sur ce qui vient de se passer par rapport à vous-même et une préparation pour le lendemain.

Vous pourrez sans doute saisir l’attitude envers la pratique et le respect qu’exprime ce texte affiché dans l’ancien dojo et écrit en grands caractères au tracé noble et assuré.“

Nobuyoshi TAMURA – AÏKIDO

“ Shisei se traduit en français par : position, attitude, posture, pose. Sugata (shi) exprime la forme, la figure, la taille. Ikioi (sei) exprime la force, la vigueur, la vivacité.

 

Shisei contient ces deux sens. Mais le sens de shisei ne désigne pas seulement une attitude extérieure : une bonne forme, un bon style, un bon maintien, mais aussi, une force intérieure visible de l’extérieur dans sa manifestation, par exemple, la vitalité chez un enfant apparente au travers de sa vivacité, de ses yeux vifs, de ses mouvements…

 

Si nous voulons atteindre ce shisei, de quoi avons-nous besoin ? D’abord de mettre en ordre le corps qui est le vase contenant le ki. Pour ce faire, étirez la colonne vertébrale et gardez-la droite. Si vous avez le sentiment de pousser le ciel avec la tête, la colonne vertébrale s’étire naturellement. Ne gonflez pas la poitrine dans la position militaire au garde-à-vous. Les épaules décontractées tombent avec souplesse, l’anus est fermé, les reins ne sont pas cambrés, le ki est confortablement posé dans le seika tanden, le corps tout entier calmement détendu.

 

Le grand adepte du sabre Miyamoto Musashi dit, parlant du shisei martial : « Le visage est calme, ni toumé vers le haut, ni vers le bas, ni vers le côté,les yeux clos légèrement, sans mouvement des globes oculaires, le front sans un pli, les sourcils légèrement froncés, l’arête du nez droite, sans trop ramener le menton en avant, la nuque croite également, les vertèbres cervicales pleines de force. Au-dessous des épaules tombantes, le corps est parfaitement décontracté, la colonne vertébrale est en place, les fesses rentrées ; les genoux jusqu’aux orteils s’appuient fortement sur le sol, les hanches ne sont pas vrillées, le ventre est fermement arrondi ».

 

En aikido, on appelle sankaku tai une telle posture souple, équilibrée, permettant de se mouvoir librement, tel un tétraèdre régulier qui, en tournant, devient cône.“

 

Nobuyoshi TAMURA – Aïkido

“Dans le Budo, on dit souvent : « ce qui est important est Kamae». Kamae n’est pas propre au Budo, il appartient aussi à d’autres arts : fleurs, calligraphie, thé. Dans le football, la’ boxe, le tennis, kamae est également important. Dans la langue japonaise kamae a pour sens : se préparer, se mettre en garde. Le verbe kamaeru se traduit par : fabriquer, construire, préparer, attendre avec intensité, être a l’affût, sur le qui-vive. L’idéogramme chinois de kamae est construit de la clé « bois », la suite de !’idéogramme représente un tenon et une mortaise qui rappellent l’assemblage indisociable de la charpente. Ainsi le kamae dont on parle en Budo consiste à prendre, par rapport à Aïte, la position la plus avantageuse possible. Que, porteur d’une arme, on se trouve en face d’un adversaire ou que deux armées soient face à face, en toutes circonstances kamae est important.

On ne peut pas traduire simplement kamae par forme. Il est inutile de rappeler que kamae contient à la fois les forces du Ki et le pouvoir de percevoir tous les détails. Au kendo, le kamae du kendo ; au judo le kamae du judo ; au tennis le kamae du tennis ; en aikido on utilise hammi no kamae (garde de profil).

A partir d’une bonne position naturelle (shizental) debout, jambes écartées à la largeur des épaules, le pied gauche avance alors que le pied droit naturellement entraîné, pivote. Nous avons la garde à gauche : hidari hammi. Inversement, nous avons la garde à droite : migi hammi.

Si les deux adversaires prennent la même garde, pied droit ou pied gauche en avant, nous obtenons : ai hammi no kamae. Si au contraire, les deux adversaires ont une garde opéosée l’un le pied droit en avant, l’autre le pied gauche ou inversement, nous disons gyaku hammi no kamae. Maintenant, si dans hidari (ou migi) hammile pied gauche (ou le droit) avance d’un pas comme dans frimi et que le pied arrière suive, le gros orteil dans l’alignement du talon et du pouce du pied gauche (ou droit) avancé, nous sommes dans la posture ou garde, dit : hitoemi ou ura sankaku.

Avec le sabre on utilise migi hammi. Avec le Jo ou a mains nues la garde de base (fondamentale) est la garde à gauche hidari hammi.

Pourquoi hitoemi est la garde fondamentale de l’aikido ? Parce que hitoemi permet de se mouvoir facilement face à n’importe quelle attaque et, de là, pratiquer toutes les techniques et de les assimiler. Néanmoins, il faut en arriver à dépasser le kamae, le véritable kamae est le kamae sans kamae, de manière à ce que vous puissiez trouver la bonne réponse, quelle que soit l’attaque, n’importe où, n’importe quand, à partir de n’importe quelle position.

O Senseï dit : « Ne regardez pas les yeux de Aite, le coeur se fait aspirer par les yeux de Aite, ne regardez pas le sabre de Aite, l’esprit se fait aspirer par le sabre de Aite, ne regardez pas Aite, vous absorberiez le ki de Aite». Le Bu de vérité ».est une pratique visant à absorber Aite dans sa totalité. “Je me tiens debout tout simplement “ 

Je livre cela à vos réflexions. Tirez-en la substantifique moëlle.“

Nobuyoshi TAMURA – Aïkido

“ Shisei est acquis. L’attitude est bonne. Le travail suivant est Kokyu.

Haku (Ko) expirer

Suu (Kyu) inspirer

Tous les êtres vivants absorbent l’oxygène, rejettent le gaz carbonique. Cette action porte le nom de kokyu. Un bon kokyu est lent, profond, long, fait naturellement. C’est donc une respiration abdominale.

Au début de la pratique, il est bon d’insister sur l’expiration puis de laisser l’inspiration se faire. La respiration se fait par le nez. Si le rythme respiratoire est perturbé, utiliser la bouche pour le rétablir.

L’inspiration se fait bouche fermée, les molaires légèrement serrées, la langue en contact avec le palais. Les débutants comptent mentalement pour régler l’expir et l’inspir. A l’inspiration, l’anus fermé ; imaginer que l’air descend plus bas que le nombril.

Dans la pratique du Budo, il arrive que l’inspiration soit rapide, que l’on retienne longuement l’air dans les poumons, que l’on ait besoin de le rejeter rapidement ou au contraire lentement. Pendant l’exercice, il faut prêter une très grande attention à la maîtrise du kokyu. Kokyu ne consiste pas uniquement à renouveler l’air des poumons, à rejeter les impuretés. Il est nécessaire durant sa pratique d’avoir le sentiment de s’emplir à nouveau d’un ki pur. Le ki, ainsi emmagasiné sort avec puissance quand le besoin s’en fait sentir. Ce rayonnement constant du ki est le shiseï juste.

Dans la vie quotidienne donc, quand êtes debout, en marche, au travail, même quand vous dormez, exercez-vous avec coeur. Si urgence se présente, votre kokyu sera alors celui de tous les jours. Mais pour atteindre cet état, le quotidien est important.

L’homme, normalement, oublie qu’il respire mais n’oublie certes jamais de respirer. De la même façon, au-delà de la conscience, il faut faire pénétrer dans le corps, acquérir un kokyu juste, un shisei juste. Il faut s’entraîner sans cesse afin d’obtenir ce résultat.

Le corps ayant été, de la sorte, empli d’un ki vigoureux, quand on atteint l’unité avec la nature, l’énergie du ki envahit le corps ; il devient possible de faire jaillir de vous-même une puissance qui dépasse l’imagination. Cette force de la respiration (kokyu ryoku) qui s’exprime ainsi n’est pas vôtre, elle est la force de respiration du ciel et de la terre.“

Nobuyoshi TAMURA – Aïkido

DISTANCES EN AIKIDO

Ma: (Espace-temps)   Ai: (Harmonie)

Dans le Budo, on dit que ma ai est important. C’est le mot qui définit la relation spatiale entre Aite et soi-même. La position d’où il est facile d’attaquer ou de se défendre. Le ma ai n’est donc pas seulement une notion de distance ; il faut y inclure le mouvement des cœurs dans l’espace. Si j’ai peur, l’espace semble trop petit, si j’ai trop confiance en moi, l’espace semble trop grand.

L’idéogramme ma est constitué : de la porte et de la lune. C’est la lune perçue par l’interstice des portes fermées. Nous dirons : quelque closes que soient les portes, il reste toujours un interstice pour laisser filtrer la lumière de la lune. De même, si parfaite que soit la garde, il y a toujours un interstice où se glisse la lumière de la lune. Pourquoi cette force dans l’interstice ? Simplement parce que cette fente, si minime soit-elle, contient l’espace vide tout entier.

Aussi au mur d’honneur du séjour d’une maison japonaise, il y a le tokonoma. Là, dans ce vide, on peut placer un tableau ou bien des fleurs dans un vase. Ce vide donne vie au tableau comme aux fleurs.

En peinture, comme en musique, tout vient à la vie parce qu’il y a cet espace vide. C’est le vide du verre qui permet de le remplir ; c’est l’espace dans une pièce qui permet aux gens d’y vivre. C’est la vacuité de cet espace qui est importante. Quand on ne voit rien, quand on pense qu’il n’y a rien, il y a pourtant quelque chose. La civilisation orientale, peut-on dire, est la civilisation qui accorde de l’importance à la vacuité.

Le “ai“ de “ma ai“ est le même “ai“ que le “aï“ de Aïkido, – avec le sens de faire Un, mettre en ordre, harmoniser… “Ma ai“ est donc, comme vous pouvez le déduire de ce qui vient d’être écrit, l’espace qui naît à la fois du cœur et de l’esprit, de soi-même et de l’autre, et les englobe tous deux dans une évolution constante vers la plus avantageuse.

J’ai expliqué, jusqu’à maintenant, shisei, kokyu, kamae, ma ai, qui sont les bases précieuses à cultiver, à répéter inlassablement, à marteler. Ces quatre termes ne relèvent pas seulement du domaine du Budo, ils ont la même importance dans tous les arts : kado, la voie des fleurs, shodo, la voie de la calligraphie, la peinture, la musique, la danse, que dans les études ou la vie quotidienne. Ce sont des mots dont il faut s’imprégner.

Ce que je vais expliquer maintenant ne fait pas partie du vocabulaire courant japonais : irimi, tai-sabaki, kokyu-ryoku…

Nobuyoshi TAMURA – Aïkido

IRIMI : PÉNÉTRER, RENTRER, S’UNIR …

Le irimi utilisé en aïkido, la loi irimi est la racine de l’aïkido. On rapporte que O Sensei aurait transposé en aïkido la loi irimi qu’il avait saisie par l’étude approfondie de l’art de la lance.

L’idéogramme iri de irimi exprime l’idée de passer l’entrée de la maison, d’y pénétrer de soi-même ou d’y être invité. L’idéogramme mi donne l’idée de l’enfant dans le ventre de sa mère, avec le sens de plénitude, plénitude de chair, d’os, de sang. Donc, mi égale corps, irimi mettre son propre corps dans le corps de l’adversaire. Suivant la méthode de la lance, ce mot irimi est utilisé pour désigner l’action de pénétrer victorieusement jusqu’à l’intérieur de la garde d’un adversaire, armé d’une arme plus longue que la sienne, lorsqu’on est porteur, par exemple, d’un sabre ou d’une dague ou même encore lorsqu’on est désarmé.

Quand deux forces se meuvent en direction opposée, la force qui en résulte est l’addition de ces deux forces, irimi est l’utilisation de cette résultante et de sa relation avec sa propre position au moment du croisement.

Nous appelons irimi issoku, l’entrée d’un pas sur le côté de l’adversaire, étant soi-même dans la position permettant irimi, en garde de profil, attaquant l’adversaire en lui renvoyant la force de son attaque, sans utiliser sa propre force.

Mécaniquement expliqué, c’est très facile à comprendre, mais dans la réalité, il ne faut pas oublier qu’Aïté est vivant et que tout ne peut pas fonctionner suivant la théorie, surtout s’il est mieux armé que vous.

A mains nues ou avec une arme plus courte que celle de l’adversaire, pour entrer à l’intérieur de sa garde ou la forcer, il faut juger le Ma Aï avec exactitude sans être arrêté par les changements de position de Aïté. Cela est normal et ne devrait pas avoir à être expliqué. Plus important est d’oublier son corps, d’entrer et de percer en pensant être percé, d’entrer directement sans la moindre hésitation.

Vous pressez Aite de votre puissance mentale, jusqu’à ce qu’il soit contraint d’attaquer ; utilisant, prenant son attaque, vous entrez.

Au-delà de ce qui a été dit, si vous éprouvez le sentiment d’envelopper l’adversaire, de ne faire qu’un avec lui ; il viendra de lui-même à l’intérieur de vous-même. C’est cela l’irimi de l’aïkido.

Nobuyoshi TAMURA – Aïkido

CERCLE ROTATION

 

TENKAN

Ten veut dire : transposer, transférer, changer, évoluer. L’idéogramme ten est composé de deux éléments, l’un signifiant : roue, l’autre évoquant un mouvement tournant, circulaire. Kan échanger. Tenkan est employé avec le sens de changer de direction, de ligne de conduite, d’état d’esprit.

En aïkido, je crois que ce mot est utilisé parce que souvent, pour effectuer un mouvement, on pivote et que dans ce mouvement, en changeant de direction, le geste est rond et donne l’image de la roue qui tourne.

Considérez votre cas. Du fait de votre rotation, vous avez changé, soit de place, soit d’orientation. Tout changement d’état ou de position est tenkan. C’est pourquoi irimi-tenkan sont l’endroit et l’envers d’une même chose.

NOBUYOSHI TAMURA – Aïkido

OMOTE/URA : 2 ASPECTS D’UNE MÊME RÉALITÉ

ne technique en aïkido a deux aspects : ura wasa – omote wasa.

Ura représente principalement l’envers, le verso, le dos l’aspect caché des choses.

Omote : l’endroit, la surface, l’extérieur, la façade, l’aspect apparent des choses.

Dans tout, il y a omote-ura. L’homme lui-même a une face et un dos.

On peut également utiliser omote-ura dans le sens : extérieur et intérieur. On peut avoir, par exemple, le visage souriant et le chagrin au cœur, ou encore, l’apparence du Bouddha et être dépourvu de sang et de larmes.

En classifiant grossièrement, on dira, omote wasa des techniques exécutées en entrant face à l’adversaire et ura wasa des techniques exécutées en entrant derrière l’adversaire. Certaines techniques sont possibles en omote wasa et en ura wasa, d’autres en omote wasa seulement ou au contraire en ura wasa.

J’entends par là que, placées dans la vérité du combat, ces techniques qui manquent sous une certaine forme n’ont pas d’application pratique.

Cette classification en omote wasa et ura wasa a probablement été introduite pour faciliter l’entraînement, cependant une part essentielle de la pratique consiste à rejeter cette classification, à refuser de s’y laisser enfermer.

NOBUYOSHI TAMURA – Aïkido

TAI SABAKI

II semblerait qu’en Europe, tai sabaki soit généralement traduit par déplacement. Je pense que cela ne retransmet pas d’une manière très exacte le sens de tai sabaki tel que nous l’utilisons en aïkido. Je vais tenter de vous apporter quelques éclaircissements.

L’idéogramme sabaki est composé de deux éléments : la main et le verbe séparer (qui contient l’idée de désarticuler avec un couteau). Par extension, le verbe sabaku, est utilisé dans des expressions désignant des actions aussi variées que : vendre, distribuer, régler des dossiers, démêler une affaire… Un homophone de sabaki qui s’écrit avec un autre idéogramme se traduit par couper un vêtement, juger. Sabaku : redresser un désordre, décider de ce qui est juste ou faux, disperser des marchandises, faire ce qu’il se doit.

Tai : le corps. Donc tai sabaki signifie qu’au moment où un objet, un homme, tente de vous atteindre, qu’au moment où un ennemi vous attaque, jugeant de votre position relative, soit vous vous déplacez, soit vous bougez simplement une partie du corps, rétablissant ainsi, la situation à votre avantage.

Rétablir la situation à votre avantage, n’est pas seulement garder l’équilibre, se mettre à l’abri…C’est aussi se placer dans une position d’attaque opportune.

Le tai sabaki de l’aïkido demande encore davantage : perturber l’équilibre de Aite, dans l’instant même de l’action, et, suite logique : l’amener dans une position telle qu’il ne puisse plus se mouvoir.

Alors qu’Aïté avait quatre-vingt pour cent des chances de l’emporter, votre tai sabaki a renversé la situation. C’est cela Taï sabaki.

NOBUYOSHI TAMURA – Aïkido

ATEMI ET AIKIDO

Pour beaucoup de gens, aujourd’hui, le mot atemi désigne le coup de poing du karaté, parce qu’au karaté, le but de l’entraînement, est de détruire l’adversaire d’un coup de poing ou de pied. Et j’écris ce chapitre, parce que d’aucuns croient qu’il n’y a pas d’atemi dans l’étude de l’aïkido. 

Certes, dans la pratique actuelle de l’aïkido, on a supprimé l’atemi pour éliminer le risque de blesser le débutant, également pour éviter que le pratiquant privilégie l’étude de l’atemi au détriment de la technique, aussi pour empêcher des étudiants à l’esprit mal tourné d’en faire un mauvais usage alors qu’ils auraient progressé dans la technique.

Donc ceux qui affirment qu’il n’y a pas d’atemi en aïkido, connaissent moins que rien de l’aïkido. O Senseï définissant l’aïkido dit : « l’aïkido est irimi et atemi ». Toutes les techniques de l’aïkido incluent l’atemi.

Étymologiquement, ateru exprime l’idée d’estimer et d’évaluer avec précision la surface et le prix d’un champ. Par extension nous aurons : placer exactement, tomber juste à l’endroit voulu, au centre d’une cible, par exemple à l’idée d’estimer, évaluer, s’ajoute donc la notion de succès.

 Mi : le corps. Dans l’ancien Budo, atemi consistait à frapper les points vitaux de l’adversaire, pour provoquer une perte de conscience ou la mort. Blesser en surface ou même briser un os n’est pas un atemi.

En aïkido l’atemi est aussi utilisé pour dominer la volonté d’attaque, provoquer une douleur aux points vitaux, perturber de l’adversaire, stopper son intention d’action.

De ces atemis légers, on passe aux atemi qui provoquent l’évanouissement ou la mort. Il est bon de les étudier en pensant à l’utilisation du couteau. Évidemment, ce travail doit comprendre l’étude des points de réanimation. 

Si vous étudiez les points de l’acupuncture, telle qu’elle s’est récemment développée, j’espère que vous comprendrez que les points qui peuvent apporter la guérison, peuvent aussi donner la mort. C’est un bon exemple qui montre qu’il y a en tout, ura et omote.

Quand vous aurez atteint un niveau d’étude élevé, il sera bon que vous découvriez, en cours d’exercice, la possibilité de placer ici ou là, un atemi.

NOBUYOSHI TAMURA – AÏKIDO

KOKYU RYOKU

Vous pouvez pratiquer l’aïkido,  si vous pouvez soulever trois onces (85 grammes) de son. Cela revient à dire, que l’aïkido n’est pas un art de combat corps à corps, fondé sur l’utilisation de la force physique et musculaire.

Le travail de la technique en aïkido, se fait en utilisant pleinement l’énergie mentale et rationnellement la force physique. D’où l’expression employée plus haut. Si l’on utilise cette méthode, il est possible de développer une force supérieure à celle que l’on croit posséder.

Lorsque nous disons que les personnes âgées, les femmes, les enfants peuvent pratiquer, cela ne signifie pas seulement qu’ils peuvent s’entraîner, mais bien qu’ils peuvent appliquer cette voie au combat, après l’avoir bien comprise.

J’ai déjà effleuré plus haut le kokyu ; dépassons maintenant le stade de la respiration physiologique pour absorber en nous-même l’énergie de l’Univers. Allons plus loin encore et fondons-nous-en un seul corps avec l’Univers. La force qui en découle est nôtre, sans être nôtre, car en réalité, c’est l’énergie de l’Univers qui surgit de notre corps. Cette force accumulée dans le seika tanden pour emplir toutes les parties du corps, semblable à l’eau qui jaillit et jamais ne s’arrête, cette force émanant d’un corps et d’un esprit toujours calmes, sereins, détendus pour répondre à la nécessité en tout temps et dans la direction voulue, cette force s’appelle kokyu ryoku.

Cette force, cadeau du Ciel, ne pourra s’exprimer, ni si votre nuque, vos épaules, vos bras sont inutilement contractés, ni si vous vous imaginez être fort ou au contraire incapable, ni si vous croyez que cette force ne peut exister. Tous ces déchets, toutes ces impuretés sont autant de barrages sur le passage du Ki. C’est un peu comme un tuyau qui serait pincé, écrasé par un pied ou bouché par de la terre et dont l’eau ne pourrait s’écouler, alors que l’ayant branché sur un robinet, vous vous apprêtez à arroser un jardin.

O Senseï répète souvent : « l’aïkido est une purification du corps et de l’âme, c’est décrasser le corps et l’âme ». Il est bien évident, que l’âme sera rayonnante, que la circulation sanguine s’améliorera de même que le mental et le physique, si l’on procède à un décrassage intérieur et extérieur.

Kokyu ryoku doit donner vie, chez le pratiquant d’aïkido, à un geste aussi simple que lever un bras ou avancer un pied. Une technique d’aïkido exécutée sans l’emploi de kokyu ryoku, n’est pas une technique d’aïkido, c’est un champagne sans bulles, une bière éventée.

Kokyu ryoku compris intellectuellement est inutilisable. Il faut l’apprendre par le corps dans l’exercice de tous les jours, il ne s’assimile qu’après un travail d’empilage. O Senseï dit à ce sujet : « un travail de trois jours n’est qu’un travail de trois jours, un travail d’un an n’est qu’un travail d’un an, un travail de dix ans engrange la force de dix ans »

Sans kokyu ryoku la forme de la technique peut exister mais elle n’est alors qu’une forme vide.

Sans passer par les techniques, il est impossible de s’imprégner de kokyu ryoku. En outre les résultats seront différents selon que vous y croyiez ou non.

NOBUYOSHI TAMURA – Aïkido

METHODES D’ENTRAINEMENT

Pour pratiquer efficacement, vous devez utiliser les quatre méthodes :

  1. Ko tai (état solide)
  2. Ju tai ( état fluide)   
  3. Eki tai (état liquide) 
  4. Ki tai (état gazeux)

KOTAÏ

Ko tai est le premier niveau de travail,solide et précis.

La force physique est employée, sincérement. Le but est de renforcer l’ossature et la musculature du pratiquant.

Cela revient à construire les fondations d’une maison.

Bien entendu, étudier et éxécuter les techniques avec précision permet de se forger une âme immuable.

JUTAÏ

Etant arivé à une bonne pratique de Ko Taï, attaqué ou saisi brutalement, on doit être capable de se mouvoir avec souplesse, sans contractions inutiles.

N’enfonçons pas de portes ouvertes, plus personne n’ignore que plus puissante est l’attaque d’Aïté, moins son efficacité est grande.

Il faut, de plus, amener AIté à faire ce que l’on ésire lui voir faire.

EKI TAÏ

La pratique de Eki Taï s’apparente à l’écoulement de l’eau.

Au moment, par exemple, de la saisie d’une main, devinant l’intention, avant l’attaque, on agit.

KI TAÏ

On offre une opportunité d’attaque… et il n’y a plus personne.

Cette action implique l’action du ki, c’est un exercice de ki awase (rencon-

tre du ki).

Quant à la pratique de ki tai, elle consiste à envelopper, à engloberAite, comme un brouillard enveloppe et noie tout autour les objets.

Guidant Aite dans la voie de ses désirs, il n’est plus même besoin de le toucher.

Lorsque O Senseï dit : « Je n’ai rien à faire, qu’à me tenir ainsi debout et silencieux », je pense qu’il voulait illustrer cet état.

Cet état de perfection s’appelle kimusubi.

  KI MUSUBI

L’idéogramme se présente sous forme de deux éléments, dont l’un signifie : lien, l’autre : récipient couvert.

Nous dirons donc, récipient dont le couvercle est lié afin d’avoir une fermeture parfaite.

L’idéogramme donne donc l’idée de lier, rassembler, nouer, parachever une œuvre.

La pratique de l’aïkido impose de s’élever, état par état, jusqu’à totale maîtrise des quatre éléments, passant de l’un à l’autre, après avoir dominé le précédent.

Je voudrais donc que vous étudiiez suivant les méthodes d’entraînement

KO TAI, JU TAI, EKI TAI, Kl TAI.

Note : EKI TAI est aussi appelé RYU TAI

NOBUYOSHI TAMURA – Aïkido

SHOMEN UCHI

SHOMEN UCHI

SHOMEN UCHI est une attaque du tranchant de la main gauche, ou droite, à la limite du front.

Pensez que le tranchant de la main est celui d’un véritable sabre.

Vous ne faites qu’un avec le Ciel et la Terre, vous faites votre propre ki du ki du Ciel et de la Terre, de cette énergie rassemblée, vous faites un sabre et vous coupez pour séparer le cosmos.

Face à qui attaque de la sorte, il faut prendre le mai ai exact et répondre avec le sentiment infime et profond d’englober l’adversaire, de ne faire qu’un avec lui, percevoir ses intentions et l’amener à frapper à l’endroit choisi, s’harmoniser à sa respiration, le guider par irimi, ou, en s’ouvrant, par tenkan.

Alors le cœur stable comme est stable la montagne, le corps souple comme est souple l’eau, vous répondez à l’adversaire.

Par ce travail, l’attaquant et l’attaqué purifient leur corps et leur âme et apprennent à se connaître eux-mêmes, naturellement.

Au niveau du microcosme, c’est la défense du corps, au niveau du macrocosme, c’est la défense du monde.

NOBUYOSHI TAMURA – Aïkido

Yokomen uchi est la technique de coupe de la tempe de l’adversaire ; on dit aussi kesa gake, kesa giri – kesa est l’étole que porte le bonze symbolisant le vêtement de pauvreté du Bouddha, qui trace une ligne, allant de l’épaule à la hanche opposée.

Yokomen uchi sera donc aussi la technique de coupe qui suit cette ligne.

Le même mouvement renversé s’appelle gyaku kesa.

Généralement, l’attaque va de l’épaule gauche à la hanche droite : alors, en même temps qu’avance le pied gauche, on retoume le sabre et l’on coupe en gyaku kesa de la hanche droite à l’épaule gauche, puis on pivote pour couper l’adversaire par derrière.

Yokomen uchi est l’étude de ce travail du sabre.

A yokomen uchi, on oppose shomen uchi, mais il faut autant pratiquer l’attaque que le contrôle de l’attaque.

NOBUYOSHI TAMURA – Aïkido

KATA DORI

C’est se faire saisir à l’épaule. La force peut être dynamique ou statique, il y a la force de concentration, de dispersion, la force de pulsion, la force de traction, la force de torsion, la force d’union, la force de séparation, etc.

Pour familiariser le corps avec ces différentes directions, on étudie kata dori, méthode d’unification du corps, du cœur et de la force.

Il faut ariver à pressentir l’intention de l’adversaire. Pousser ou tirer. Nous dirons même qu’il faut aller au-delà et provoquer cette intention.

Saisi à l’épaule, il faut dans le même temps donner un atémi de fixation ; sachez que lorsque l’adversaire prend une épaule d’une main, il vient pour frapper.

Offrez votre épaule tel un leurre au sabre qui va vous frapper et coupez l’adversaire soit en vous fendant soit en vous ouvrant.

NOBUYOSHI TAMURA – Aïkido

KATA DORI

C’est se faire saisir à l’épaule. La force peut être dynamique ou statique, il y a la force de concentration, de dispersion, la force de pulsion, la force de traction, la force de torsion, la force d’union, la force de séparation, etc.

Pour familiariser le corps avec ces différentes directions, on étudie kata dori, méthode d’unification du corps, du cœur et de la force.

Il faut ariver à pressentir l’intention de l’adversaire. Pousser ou tirer. Nous dirons même qu’il faut aller au-delà et provoquer cette intention.

Saisi à l’épaule, il faut dans le même temps donner un atémi de fixation ; sachez que lorsque l’adversaire prend une épaule d’une main, il vient pour frapper.

Offrez votre épaule tel un leurre au sabre qui va vous frapper et coupez l’adversaire soit en vous fendant soit en vous ouvrant.

NOBUYOSHI TAMURA – Aïkido

KATATE DORI

L’évolution des êtres vivants n’a pas suivi le même développement que celui des humains.

Il paraît que la civilisation et la culture actuelles sont le produit des possibilités de mouvement de la main. 

Les ancêtres de l’homme se sont dressés sur leurs pieds, libérant ainsi leurs mains pour utiliser des outils. 

Le cerveau allant de conserve s’est développé et l’homme a pu créer ses propres outils.

Disons encore que l’homme ayant maîtrisé le feu, le fossé, entre lui et les autres animaux, s’est élargi.

La main est donc cette partie essentielle du corps qui permet d’élever les enfants, de guider les hommes, mais aussi de les tuer.

Ainsi on guide l’adversaire d’une main, pour l’abattre de l’autre.

 L’unité de la main, du pied, du bassin, de l’esprit est importante. On la cherche au travers de l’étude de ces techniques de saisie du poignet.

Il faut amener l’adversaire à agir dans la direction choisie et alors lui offrir le peu qui lui manque et avec ce peu, le contrôler.

NOBUYOSHI TAMURA – Aïkido

MUNA DORI

Etre saisi en pleine poitrine ( mn. moto) est semblable à un coup es toc, de sabre ou de lance.

Se laisser saisir ainsi, les deux revers, c’est attirer à soi le cœur de l’adversaire.

A une traction, on obéit en avançant et dans le mouvement, on renverse l’adversaire ; à une poussée, on obéit en ouvrant son corps.

Ayant amené l’adversaire à concentrer son attention en un point, muna moto, on a su ainsi créer une faiblesse. La technique consiste à attaquer cette faiblesse.

En résumé, on amène l’adversaire à venir saisir muna moto, il est normal de le contrôler avant la saisie.

NOBUYOSHI TAMURA – Aïkido

USHIRO WAZA

Par derrière, il est aussi dangereux de saisir que d’être saisi.

L’adversaire commet l’imprudence de se croire hors de danger, or, il suffit pour l’anéantir de le faire passer sur la droite ou sur la gauche.

On s’entraîne à modifier sa propre position afin de réaliser cette opération.

Etre attaqué par derrière correspond à être coupé par derrière, aussi faut-il tenir ouvertes, constamment, les fenêtres de son esprit, comme si l’on avait des yeux derrière la tête.

Cette technique sert à développer, à rendre aiguë la sensation qui permet de pressentir ce qui est derrière soi. 

NOBUYOSHI TAMURA – Aïkido

TANDOKU DOSA : PRÉPARATION

On construit un corps équilibré avec la respiration (kokyu ho) et les exercices du corps. 

Le corps construit, on pratique la concentration sur les mouvements avant, arrière, en rotation, jusqu’à la prise de conscience totale de ces mouvements. Il faut imprégner le corps de ce travail qui est à la base des techniques de l’aikido.

De même qu’il y a une infinité de techniques en aikido, les mouvements préparatoires sont infiniment nombreux. 

KOKORO NO JUMBI DOSA – Concentration

CHIN KON – MITAMA SHIZUME

  Jambes écartées, à l’aplomb des épaules, debout, droit, les yeux entre-ouverts, la respiration légère, emplir le seika tanden de ki en opérant une pression lente sur le seika tanden qui descend lentement comme une pierre descend au fond de l’eau.

On éprouve alors le sentiment de ne faire qu’un avec le Ciel et la Terre. 

L’Eternité passée est portée sur le dos alors que l’Eternité future est engloutie en soi, prête à la création. « Je suis debout, ici et maintenant. »

Tel est le sentiment à développer.

A l’instant même où cette vision s’est établie, les yeux s’ouvrent.

AMENO TORI FUNE

« L’arche céleste rapide comme l’oiseau dans le ciel ». Ce nom rappelle le mouvement de godille, cet aviron placé à l’arrière d’une embarcation japonaise, qui permet la propulsion par un mouvement en huit.

A l’origine, tête tournée vers la droite, on avançait le pied gauche en inspirant alors que les deux mains s’élevaient vers l’avant, le buste légèrement fléchi, puis on se redressait en ramenant les deux mains sur les côtés du corps.

Cet exercice est répété trois fois sur trois rythmes différents, à gauche, à droite et à gauche.

Les sons d’accompagnement kake goe sont respectivement :

EI —HO  EI —HO …… lentement

EI -SA EI -SA                plus vite

EI-EI EI-EI .. rapidement.

Faire attention de bien coordonner les mouvements du corps — avant, arrière — avec les sons d’accompagnement.

Toute la force physique est rassemblée dans le seika tanden et le corps tout entier est plein de ki.

On éprouve le sentiment de gagner rapidement le monde idéal de l’éternité

PRÉPARATION DE TAMURA SENSEI, « BA DUAN JIN » LES 8 PIÈCES DE BROCARD

Préparation de Tamura Sensei, « BA DUAN JIN » Les 8 pièces de brocard

Décodage énergétique par Christophe Page Fait avec la participation de Bernard George-Batier

Cette préparation d’origine chinoise est un Qi Kong, c’est-à-dire un exercice de développement du Qi (prononcer tchi en chinois) ou Ki (en japonais) l’énergie interne.
Les mouvements se pratiquent très lentement avec une grande concentration mentale et un travail permanent de coordination entre le mouvement et la respiration.
Chacun des 8 exercices de cette préparation vise à renforcer des organes et des fonctions physiologiques, à trouver l’équilibre physique et mental, à développer la perception du centre et à augmenter la puissance sans utiliser la force.

1) Les doigts croisés, les bras se tendent au-dessus de la tête, le corps monte sur la pointe des pieds. Inspirez en montant, expirez en descendant. 8 fois.

« Les deux mains soutiennent le ciel, régularise les 3 foyers (supérieur cardio-pulmonaire, médian digestif et inférieur génito-urinaire) »

   

2) L’archer, l’œil suivant le trajet de la flèche
Inspirez en bandant l’arc, expirez au retour.
La main qui va tirer la corde est au-dessus de la main qui tient l’arc « Bander l’arc à gauche et à droite tout en visant le milan royal »
8 fois de chaque côté, donc 16 fois

Fortifie le Poumon et le Gros Intestin (élément Métal) régularise le Qi et le Rein, traite cou, épaules, reins, jambes rotules et les proliférations osseuses »

3) Tai Chi, le bras droit monte au-dessus de la tête en inspirant, la main monte jusqu’à pousser le ciel devant la ligne médiane de votre corps, le bras gauche va vers le bas pour pousser la terre et vice versa, le corps monte sur la pointe des pieds. Expirer au retour.
8 fois de chaque côté, donc 16 fois

« Régularise le couple Rate-Estomac, (élément Terre) traite système digestif, épaules, muscles des membres inférieurs »

 

4) Pieds joints, rotation du corps et regard sur les talons
Inspirez en tournant vers l’arrière, expirez en revenant. La tête suit le mouvement des hanches.
8 fois de chaque côté, donc 16 fois

« Les 5 fatigues et les 7 blessures disparaissent en regardant en arrière » renforce le Tan Tien (Seika-Tanden) traite les vertèbres cervicales. »

5) Le tigre. Jambes écartées, genoux fléchis (position Kiba Dachi), inspirez, le corps se plie brusquement, la tête vers le genou sans expirer, expirer en remontant.
8 fois de chaque côté, donc 16 fois
« Agiter la tête et remuer la queue du tigre pour calmer le feu du Cœur (élément Feu) » traite la neurasthénie, nervosité, calme l’esprit, améliore la mouvance des reins et les articulations des genoux.

 

6) Extension du corps en frottant les reins et cambrure arrière
Soyez pieds joints. Montez sur la pointe des pieds. Frotter les reins avec vos 2 mains puis fléchissez les jambes pour partir vers l’arrière en extension cambrée toujours les talons relevés, tout en inspirant, expirer en revenant.
8 fois.

« Allonger le dos et lever la tête pour que les 100 maladies disparaissent » régularise les Zang Fu (organes et viscères) traite l’hypertension artérielle.

7) Tsuki – Jambes écartées, genoux fléchis en position Kiba Dachi, Tsuki à droite et gauche en expirant. Inspirez en armant, expirez en frappant.
8 fois de chaque côté, donc 16 fois.

« Cueillir les poings avec les yeux de la colère pour acquérir la force des souffles » tonifie le Foie, régularise la Vésicule Biliaire (élément Bois), augmente la force à l’aide de l’esprit, traite nuque, épaules et reins.

8) Pieds joints, descente vers les pieds en agrippant les orteils, les jambes légèrement fléchies, 8 fois extension des jambes et des genoux.

Renforce les reins et la vessie (élément Eau), traite les lombalgies, consolide les lombes.

Fin de « Ba Duan Jin »

KAMIZA KAKEMONO

Kamiza (上座) est un terme japonais désignant le « siège du haut » dans une pièce, c’est-à-dire la place d’honneur . Dans un dojo, Il désigne l’endroit où se cristallise l’esprit des maîtres fondateurs qui est sensé animer le Senseï . Dans la pratique, le kamiza est la position la plus éloignée de la porte et par conséquent la plus confortable et la plus sûre. Dans l’esprit martial, elle permet à celui qui l’occupe de bien contrôler et maîtriser les entrées .

Dans un dojo traditionnel, le maître occupe cette place en faisant face à ses élèves. Au mur attenant au Kamiza, un kakemono est suspendu ; il représente la lignée de maîtres qui fonde l’enseignement dispensé dans le dojo à partir du fondateur O’Senseï UESHIBA. 

Représentation des positions dans le dojo :